Histoire d’un switch

Depuis les vacances, j’ai effectué des changements dans ma vie numérique, dans mon utilisation du web et de ses services, ainsi que dans mon rapport au matériel informatique. Pour faire simple : j’ai switché ! Je suis passé d’un système d’exploitation à un autre, et j’ai arrêté d’utiliser certains services bien connus. J’ai quitté Apple !

Pour certains de mes amis, c’est comme si je n’étais plus moi-même. Il faut dire que j’ai convaincu un grand nombre de personne à passer sous Mac. Un petit retour en arrière est nécessaire pour bien comprendre.

android-apple2-300x258Il y a un peu moins de 10 ans, j’étais sur Windows comme énormément de personne. Pas spécialement par choix mais je ne connaissais que ce système. Je savais vaguement que Mac et Linux existaient. Pour moi, les autres systèmes n’étaient pas compatibles avec le mien, ça ne fonctionnait pas pareil (donc ça ne fonctionnait pas!). Et puis un jour, à force de trifouiller mon Windows, d’installer des jeux ou logiciels crackés, j’ai fait une fausse manipulation et mon pc a planté. Définitivement. Obligé de le formater. Ma sœur m’a alors parlé d’un autre système (qu’elle utilisait d’ailleurs à cette période) : Ubuntu. Je l’ai installé, ça fonctionnait pas mal malgré quelques incompatibilités, mais je n’avais plus les mêmes logiciels, j’étais perdu. Je suis resté quelques temps avec puis j’ai finalement réinstallé Windows…

Dans le centre de loisirs dans lequel je travaillais, le directeur était un Apple addict. Il y avait des mac partout : le modèle tulipe, le premier eMac, des modèles encore plus vieux… Les enfants jouaient dessus, je me contentais de leur allumer en début de journée. Et puis un jour, le directeur a installé le tout nouvel iMac Intel. Et j’ai commencé à être attiré par cet engin. Je l’ai d’abord utilisé pour des activités avec les enfants – notamment la réalisation d’un petit journal à destination des parents – puis j’ai commencé à y prendre du plaisir. Du coup, j’ai commencé à me renseigner sur Apple, à regarder leurs produits. C’est à cette période que j’ai mis un visage (encore rond) sur le CEO de cette entreprise. Je me suis rendu compte que j’avais déjà vu Steve Jobs à plusieurs reprises sur internet ou à la télévision sans vraiment savoir qui était ce personnage. Et là, j’ai découvert l’iPhone ! J’ai lu tout ce qu’on pouvait trouver sur internet, parcouru les forums de ceux qui l’avaient commandé aux Etats-Unis, cela pendant plusieurs jours. Et puis un jour, je me suis décidé, je l’ai commandé. Avant de pouvoir utiliser ce super téléphone, jailbreakil fallait encore le desimlocker et surtout le jailbraiké (à l’ancienne, en écrivant des lignes de code en SSH, pas en utilisant un logiciel tout prêt comme c’est le cas maintenant) – à ce moment là, n’étant pas encore disponible en France, il y avait pas mal de bidouilles à faire et d’options à activer chez son opérateur.

Quelques semaines après, je me suis dis que c’était le moment de changer d’ordinateur et de système. Quoi de plus naturel que de commander un iMac ?  Ma transformation commençait tout juste, j’avais déjà acheté en plus un Macbook. J’étais contaminé. J’ai commencé à vanter les mérites de ces machines design, robustes, rapides, qui n’ont pas besoin d’antivirus, qui sont simples d’utilisation, intuitives. D’abord auprès de ma famille, puis de mes amis et collègues. À force de démonstration et d’arguments imparables, nombreux sont mes contacts à avoir commencé leur adoration pour la Pomme. Apple_Hardware_MacOS_X_Lion_Bild_Top_670Je tiens à préciser que je ne regrette absolument pas mes 8 ans sur Mac. Pour mon activité audiovisuelle, c’était parfait. Je maîtrisais Final Cut Pro, ma machine était boostée avec de la ram, j’avais un gros disque dur et un écran géant (l’iMac 24″ était très impressionnant). C’était parfait pour moi. Et puis j’ai naturellement, logiquement commencé à acheter les autres produits Apple, comme la Time Capsule pour sauvegarder en wi-fi à la volée mes données, le premier modèle d’Apple Tv, puis j’ai changé de Macbook et pris un plus puissant. Bien sur, j’ai tout de suite adhéré à leur principe de Cloud qui synchronise tout. C’est tellement pratique ! Avant « iCloud », j’utilisais leur système payant « MobileMe ».

Tous les ans, je revendais mon iPhone pour acheter le suivant. En le vendant en moyenne 350 euros, je devais « juste »  compléter la somme pour me payer le suivant. C’est rentable ! Enfin… c’est ce que je disais à mes parents lorsqu’ils me demandaient pourquoi je changeais ENCORE de téléphone. J’ai fonctionné comme ça pendant un moment. J’ai eu tous les modèles depuis la  première génération d’iPhone, jusqu’au 6 Plus. Je vous laisse faire le calcul… Et puis, il y a quelques mois, je ne sais pas trop pourquoi, j’en ai eu raz le bol. Malgré la tonne de très bonnes applications et jeux sur ce smartphone, mon opinion a  doucement basculé. J’ai commencé à me sentir enfermé dans cet écosystème qui t’oblige à utiliser leurs outils, leurs appareils, et à toujours avoir le nouveau modèle si tu ne veux pas être à la traîne (aussi bien d’un point de vue matériel que logiciel). C’est alors que j’ai décidé de me séparer de mon iPhone et de me tourner vers Android. Il n’est pas forcement très intelligent de quitter Apple pour courir chez logoGoogle, mais j’avais surtout découvert l’existence de CyanogenMod (j’en parlerai plus tard) et je suis convaincu que c’était la direction à prendre.

N’ayant plus d’iPhone, la synchronisation avec mes autres machines perd de son intérêt. Et j’ai encore cette sensation d’enfermement dans leur OS (qui commençait doucement à ramer). Par ailleurs, ayant changé d’emploi et n’utilisant plus mes logiciels de montage et création audiovisuelle, je sentais que je n’avais plus l’utilité d’une telle machine. De nouveau à arpenter les forums, j’ai cherché quel système je pouvais installer sur mon iMac. Et là, je suis retombé sur Ubuntu, notamment sur cet article dans lequel je me suis totalement retrouvé. Je voulais au début partitionner mon disque dur pour ubuntu-logo32avoir d’un côté El Capitan et de l’autre la nouvelle version d’Ubuntu, mais, suite à une petite erreur de manipulation, j’ai tout simplement supprimé toute la partie Apple de ma machine. Donc ça sera Ubuntu seulement !

J’ai donc sorti Apple de ma vie numérique personnelle, et je me Capture du 2016-08-08 19-43-40sens plus libre. Bon alors je vous vois venir « Ouais Ubuntu c’est pas totalement libre! ». Certes, mais c’est une étape de transition. Ce n’est déjà pas forcement évident de changer de système d’exploitation et de façon de faire. « Bonjour, je suis le Terminal et tu vas devoir écrire plein de lignes de commandes pour me faire fonctionner ! ». Bizarrement, ce côté lignes de code à taper m’avais manqué. Je pense que mon passage par la communauté Maker y est pour quelque-chose. J’ai envie de mettre les mains dans la machine et de savoir ce qu’il s’y passe. Il est clair qu’à terme je compte vendre mon iMac, acheter un ordinateur lambda et installer un autre système dessus (je pense à Trisquel en particulier, ou Debian). Mais peut-être que je resterai sur Ubuntu… J’aborderai le côté Free Software dans un futur article.

Maintenant que je n’utilise plus Apple, je vais devoir trouver d’autres applications et dire également Au Revoir à Google, mais ceci est une autre histoire.

PS : Si vous pensez quitter votre système actuel, que vous lorgnez sur GNU/Linux depuis un moment sans trop savoir pourquoi, je vous invite à lire cet article.

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2 réflexions sur “Histoire d’un switch

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